En 2020, la société Sénégal Pêche, filiale de la China National Fisheries Corporation (CNFC), avait procédé au licenciement de plus de 800 travailleurs. Parmi eux, 633 ont décidé de saisir la justice pour contester leur limogeage et réclamer leurs droits.
En 2024, le tribunal a rendu une décision de première instance favorable aux anciens employés, ordonnant le paiement des sommes qui leur sont dues dans le cadre de l’exécution provisoire du jugement. Mais la société a interjeté appel et, à ce jour, la procédure n’a toujours pas été définitivement tranchée.
Parallèlement à cette bataille judiciaire, les deux parties avaient engagé des négociations en vue d’un règlement à l’amiable. Ouvertes depuis décembre 2025, ces discussions sont aujourd’hui au point mort.
Selon des informations recueillies, le blocage serait lié à un conflit d’intérêts opposant les actionnaires de l’entreprise.
La partie sénégalaise, représentée par Alioune Diané, qui détient 41 % du capital, aurait appris que la partie chinoise, conduite par Fabian Shung, envisageait la liquidation de la société, informe Pape Demba Seck, coordonnateur du collectif des travailleurs qui s’est confié à senegal7. Cette perspective a profondément détérioré le climat des négociations et empêché toute avancée vers un accord.
En attendant l’issue du dossier, le drame humain continue de s’alourdir. Selon le représentant des anciens travailleurs, 25 des 633 plaignants sont décédés depuis leur licenciement, sans avoir obtenu réparation.
Présente au môle 10 du port de Dakar depuis 1995, Sénégal Pêche est spécialisée dans la pêche industrielle et la transformation des produits halieutiques. L’entreprise exploitait une flotte de 12 navires battant pavillon sénégalais. Les captures étaient congelées en haute mer avant d’être transbordées sur des cargos destinés à alimenter les marchés internationaux.
Depuis la suspension de ses licences de pêche par l’État du Sénégal en 2020, la société exerce ses activités dans les eaux de la Guinée-Bissau. Les produits sont ensuite acheminés jusqu’au môle 10 du port de Dakar, où ils sont chargés dans des conteneurs avant d’être exportés vers différents marchés.
La société mère est basée à Las Palmas, aux Canaries. Les anciens travailleurs, recrutés sous le statut de journaliers, affirment que certains ont consacré plus de vingt ans de leur vie à l’entreprise avant d’être licenciés en 2020.
Omar Ndiaye – Senegal7














