Le vote indicatif, plus connu sous son appellation anglaise de straw poll, est souvent présenté comme un moment décisif dans la désignation du futur Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Pourtant, dans la pratique, ce scrutin demeure avant tout un exercice de consultation interne destiné à évaluer les rapports de force entre les différents prétendants. Il ne constitue ni une élection officielle ni une décision définitive.
Le Conseil de sécurité recourt traditionnellement à ce mécanisme pour sonder les préférences de ses quinze membres. Chaque État est invité à attribuer à chaque candidat l’une des trois mentions suivantes : « encourage », « décourage » ou « sans opinion ». L’objectif est d’apprécier le niveau de soutien dont bénéficie chaque personnalité avant l’ouverture de la phase décisive du processus.
L’enjeu véritable des différents tours de vote indicatif ne réside cependant pas dans le classement des candidats, mais dans l’identification d’éventuels vetos des cinq membres permanents du Conseil de sécurité : les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni.
Autrement dit, un candidat peut ne pas arriver largement en tête lors d’un vote indicatif tout en conservant intactes ses chances d’être finalement recommandé, dès lors qu’il ne fait l’objet d’aucune opposition des puissances disposant du droit de veto.
C’est précisément ce qui nourrit l’optimisme autour de la candidature de Macky Sall.
Selon les informations disponibles, l’ancien président sénégalais ne fait face à aucune hostilité de la part des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Or, dans l’histoire récente de l’ONU, l’absence de veto des grandes puissances a toujours constitué l’un des critères les plus déterminants dans le choix du Secrétaire général.
Macky Sall est l’unique profil qui possède un ticket d’entrée dans toutes les puissances.
Dans ce contexte, les résultats des premiers tours doivent être interprétés avec prudence. Ils offrent une photographie temporaire des équilibres diplomatiques, sans préjuger de l’issue finale des négociations, souvent marquées par des compromis entre les grandes puissances.
Pour Macky Sall, l’essentiel demeure donc ailleurs : préserver l’absence de veto des cinq membres permanents et continuer à consolider les soutiens diplomatiques nécessaires jusqu’au vote formel.
En définitive, loin de fragiliser ses ambitions, le vote indicatif s’inscrit dans une tradition bien établie du fonctionnement des Nations unies.
Il constitue une étape de consultation et de calibration diplomatique, tandis que la décision déterminante appartient au Conseil de sécurité lors de la recommandation officielle, où le poids des cinq membres permanents reste prépondérant.
Dans cette perspective, l’absence d’opposition des puissances disposant du droit de veto apparaît comme l’un des principaux atouts de la candidature de Macky Sall.
À cet atout institutionnel s’ajoute le parcours diplomatique de Macky Sall, forgé au cours de ses douze années à la tête du Sénégal. Durant son mandat, il a participé aux principaux rendez-vous de la diplomatie mondiale et représenté son pays dans les grandes enceintes internationales. Son passage à la présidence de l’Union africaine lui a notamment permis de conduire des négociations de haut niveau avec les principales puissances mondiales et de porter la voix du continent sur des dossiers stratégiques.
Tout au long de sa campagne pour le poste de Secrétaire général des Nations unies, Macky Sall a également démontré une connaissance approfondie des grands enjeux qui façonnent le monde contemporain.
Dans ses interventions publiques, il a développé une vision articulée autour de la réforme du multilatéralisme, de la prévention et de la résolution des conflits, du financement du développement, de la lutte contre le changement climatique, de la transition énergétique, de la sécurité alimentaire, de la transformation numérique, de l’intelligence artificielle, de la gouvernance économique mondiale et de la place de l’Afrique dans les nouvelles dynamiques géopolitiques.
Cette maîtrise des grands dossiers internationaux, acquise au fil de son expérience de chef d’État et enrichie par les échanges qu’il mène depuis le début de sa campagne avec de nombreux responsables politiques, diplomatiques et institutionnels à travers le monde, constitue un argument supplémentaire en faveur de sa candidature.
Souleymane Ndiaye
consultant international













