Alors qu’elle est déjà au cœur d’une vive controverse financière et opérationnelle au Sénégal, la société d’ingénierie espagnole AEE Power voit également ses performances formellement remises en cause au Togo. Dans une décision rendue publique par l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET) a officiellement admis les défaillances du groupe espagnol sur la première phase du Projet d’extension du réseau électrique de Lomé (PEREL).
Une exécution sous assistance respiratoire
Selon les termes de la délibération n° 024-2026/ARCOP/CRD adoptée le 19 juin 2026, la gestion du chantier initial attribué à AEE Power s’est heurtée à de lourdes difficultés d’exécution. Face à ces retards et manquements, la CEET a été contrainte d’intervenir directement en mettant en place une exécution partielle en régie. L’opérateur national togolais a ainsi dû solliciter des entreprises locales en urgence pour tenter de relever le taux d’exécution et compenser les carences du prestataire espagnol, sans toutefois parvenir à achever l’ensemble des travaux prévus.
Ces révélations ont émergé à la suite de deux dénonciations anonymes saisissant le Comité de règlement des différends (CRD). Les plaignants contestaient la régularité du lancement du nouveau projet PEREL PLUS, un marché d’un montant prévisionnel de 5,5 milliards FCFA, déplorant notamment la présence dominante de groupes étrangers et le choix d’un lot unique face aux risques de nouvelles défaillances.
Saisie du dossier, l’ARCOP a tranché en faveur de la CEET en jugeant la dénonciation non fondée et en confirmant la légalité de la liste restreinte de neuf candidats préqualifiés. L’instance de régulation a rappelé que la structuration du marché en lot unique répond aux règles spécifiques fixées par l’Agence française de développement (AFD), bailleur stratégique du projet dont les dispositions prévalent sur le code national.
Si la CEET assure que le risque de défaillance reste limité pour cette seconde phase en raison d’un volume financier plus réduit, ces constatations officielles viennent alourdir le bilan d’AEE Power en Afrique de l’Ouest, fragilisant davantage son image dans la région.








Avec Seneweb












