Le Maouloud aux Champs de courses de Tivaouane devait célébrer la Naissance du Prophète. Il aura surtout servi de tribune à Serigne Moustapha Sy, guide des Moustarchidine wal Moustarchidaty, pour régler ses comptes en famille.
D’une voix grave, il ravive un souvenir douloureux : « Mon père m’a dit une fois : n’accepte pas qu’on te fasse la même chose que moi, c’est-à-dire m’isoler et m’empoisonner. » Une confidence lourde, brandie comme un testament et comme un avertissement à peine voilé.
Puis vient la mise en garde aux siens, les détenteurs du patronyme Sy : « Chacun est libre. S’ils veulent répondre, ils peuvent le faire, mais si je décide de répliquer, ça ira crescendo. » Le ton se durcit encore lorsqu’il vise nommément deux figures féminines : « Que les deux Ndeye Astou se la tiennent pour dire. Elles parlent trop. Qu’elles arrêtent avant que cela soit trop tard. »
Le guide referme son propos par un blanc-seing donné à ses partisans, mêlant permission et menace : « Je vous autorise à parler ! Allez en profondeur, j’ai les arguments. Il y a des personnes qui ne sont pas valables, qu’elles fassent attention. »
Sous les lumières du Maouloud, la piété a cédé la place à la joute. Et à Tivaouane, ce mercredi, c’est moins le Prophète qu’on a célébré qu’un règlement de comptes dynastique, distillé en formules tranchantes.













