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30ème session du CNC : « La microfinance est aujourd’hui un pilier de l’inclusion financière et du financement de notre économie », (Dr Alioune Badara Dione)

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30ème session du CNC : « La microfinance est aujourd’hui un pilier de l’inclusion financière et du financement de notre économie », (Dr Alioune Badara Dione)

by Senegal7
1 octobre 2026
in Actualités, Economie
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30ème session du CNC : « La microfinance est aujourd’hui un pilier de l’inclusion financière et du financement de notre économie », (Dr Alioune Badara Dione)

Le Ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire a présidé, ce jeudi, la 30ème session du Comité national de coordination des activités de microfinance (CNC) sur le thème  « La microfinance face aux défis de la mobilisation du financement durable ».

D’entrée, Dr Alioune Badara Dione a laissé entendre que la microfinance est aujourd’hui un pilier de l’inclusion financière et du financement de notre économie.

Chiffres

« Les chiffres sont éloquents. Les institutions de microfinance desservent plus de 4,7 millions de membres et clients. À la fin 2025, l’encours des crédits distribués atteint 849,9 milliards de FCFA  et l’encours d’épargne s’établit à 634,7 milliards de FCFA, avec des fonds propres atteignant 230,6 milliards de FCFA », a-t-il déclaré, indiquant que ces performances placent le Sénégal au premier rang de la microfinance dans l’espace UEMOA, avec 15,5 % des comptes de microfinance de l’Union. Non sans souligner que c’est le fruit du travail des dirigeants, des élus, des agents et des membres des institutions de microfinance. « Je les en félicite », ajoute le ministre. Qui lance un appel afin que ces succès cachent pas les difficultés que rencontre le secteur.

Selon lui, les créances en souffrance représentent encore 6,0 % de l’encours de crédit, toujours supérieur à la norme prudentielle de 3 %.

« La présentation de la BCEAO y reviendra. Par ailleurs, avec la loi n° 2025-04 du 19 février 2025 portant réglementation de la microfinance qui vise un secteur plus solide, plus transparent et plus sûr, l’Etat attend encore des institutions de microfinance un effort réel de mise en 5 conformité. C’est pourquoi, en collaboration avec l’APIM- Sénégal et les organes de supervision, mon département a engagé plusieurs chantiers pour accompagner les IMF dans l’appropriation de ce nouveau cadre juridique.  Vous n’ignorez pas que dans le même temps, l’environnement mondial du financement a changé. Les subventions et les lignes de crédit bonifiées se raréfient, l’accès aux ressources longues se heurte toujours à de lourdes contraintes juridiques et économiques, et la viabilité financière devient une condition de survie. Les institutions de microfinance sont pourtant de plus en plus sollicitées pour accompagner la transition climatique et environnementale de leurs membres : agriculture résiliente, énergies renouvelables décentralisées, gestion durable des ressources naturelles. Fort heureusement de nouveaux instruments sont entrain d’émerger : finance verte et climatique, obligations sociales et durables, garanties partielles de portefeuille, refinancement local. Ils restent encore trop peu mobilisés par nos institutions, faute de taxonomie clairement établie, de capacités techniques suffisantes et de dispositifs de refinancement adaptés à leur taille. C’est tout le sens du thème de cette session : « La microfinance face aux défis de la mobilisation du financement durable » », a-t-il  notamment détaillé.

Et dire qu’il s’agit de sécuriser des ressources stables, diversifiées et adaptées, et de concilier la mission sociale d’inclusion financière avec la viabilité économique à long terme tout en restant dans le respect de la protection de l’environnement.

Face à ces défis, assure-t-il, le Gouvernement n’est pas resté les bras croisés.

Feuille de route

Dans la foulée, Dr Dione a fait savoir que sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et avec la Coordination du Premier ministre Ahmadou Alaminou LO, son département a engagé une action structurée dont il voudrait rappeler les principaux axes.

« Notre feuille de route repose sur la Stratégie de Finance Ciblée, adoptée en Conseil des ministres le 18 décembre 2024. Sa déclinaison opérationnelle est le Pacte pour l’Inclusion Financière Universelle, le PACTIFU, signé avec l’APIMSénégal et lancé en partenariat avec les IMF qui ont accepté de signer avec les instruments du Ministère (FONAMIF, PLASEPRI, PROGRESS, FAESS) des conventions spécifiques. Le PACTIFU vise à renforcer la protection des membres et des clients, améliorer la gouvernance des institutions et la culture financière, promouvoir la transparence et les pratiques responsables, et faciliter l’accès au financement pour les activités productives. Ce financement passe par les institutions de microfinance, avec une priorité aux projets à fort impact social dans l’agriculture, la pêche, l’élevage et la transformation des produits locaux. Il est donc un levier de création d’emplois et de réduction de la pauvreté dans nos territoires, et il place les IMF au centre du dispositif. Le PACTIFU se traduit déjà par des réalisations concrètes, avec près de 12 milliards de francs CFA mobilisés en quelques mois », a-t-il notamment expliqué, saluant le FONGIP et la CDMP SA, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, qui ont bien voulu adhéré au PACTIFU à travers la mise à disposition de lignes de garantie et de refinancement de plus de 3 milliards de FCFA au profit des IMF.

Embouchant la même trompette, il martèle que ceci montre qu’une coordination réelle entre structures publiques produit des résultats.

Partenaires techniques et financiers

S’adressant aux partenaires techniques et financiers, le ministre affirme que le gouvernement du Sénégal mesure et salue l’engagement ceux-ci aux côtés de la microfinance.

« Vos appuis ont contribué à bâtir un secteur dynamique, et nous comptons sur vous pour continuer. Je voudrais toutefois attirer votre attention sur un point essentiel : la nécessité, pour toute intervention dans le secteur, de se référer au préalable aux structures publiques de l’État, et en premier lieu au Ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, ainsi qu’aux autres structures publiques compétentes. Cette démarche n’est pas une contrainte administrative. Elle garantit l’alignement de vos interventions sur les politiques publiques et sur les priorités nationales. Elle permet aussi d’éviter les duplications, de corriger les déséquilibres et d’assurer la cohérence de l’action de tous les acteurs, dans le respect du principe d’appropriation nationale de nos politiques de développement », dit-il.

Coordination

À l’heure où les ressources se raréfient, poursuit le ministre, la coordination est un impératif d’efficacité, car chaque franc mobilisé doit produire un impact réel au bénéfice de nos populations, en particulier des femmes, des jeunes et des acteurs des zones rurales.

Il a également invité les partenaires à inscrire systématiquement leurs initiatives dans le dialogue avec l’État, dès la conception des projets et des programmes, et à privilégier, chaque fois que cela est pertinent, les instruments nationaux pour acheminer leurs ressources vers les IMF.

« Vous trouverez auprès de mon département une écoute attentive et une disponibilité totale », leur a-t-il assuré.

Dirigeants des institutions de microfinance

Concernant les dirigeants des institutions de microfinance, Dr Alioune Badara estime que l’avenir du secteur dépendra de leur capacité à diversifier leurs sources de financement, à intégrer les critères de durabilité environnementale et sociale dans leurs stratégies, à renforcer leur gouvernance et à assainir leurs portefeuilles.

« Le Gouvernement, pour sa part, poursuivra la consolidation d’un environnement propice, réglementaire comme institutionnel, pour accompagner cette transformation. Le programme de cette journée est à la mesure de cette ambition », a-t-il laissé entendre.

Avant de clore, le  ministre de la microfinance et de l’économie sociale et solidaire a exprimé ses attentes de la session, allant dans le sens d’une feuille de route claire et des recommandations opérationnelles, assorties d’un chronogramme de mise en œuvre.

Senegal7

Tags: Alioune DioneMicrofinance
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