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Ahmed Khalifa Niass: « Après Yahya Jammeh ne faut-il pas désarmer la Gambie » ?

by Assane Seye
27 janvier 2017
in Actualités
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Ahmed Khalifa Niass: « Après Yahya Jammeh ne faut-il pas désarmer la Gambie » ?

Ce petit territoire géographiquement sénégalais, ou sénégambien, est le résidu territorial d’une tentative de colonisation du Sénégal par l’Angleterre, il y a de cela près de trois siècles. Et c’était la fondation historique de la Sénégambie coloniale. Richard-Toll, cité fondée par un Anglais du même nom, ainsi que Saint-Louis avaient une continuité administrative avec la Gambie actuelle.

Ce territoire a été pris au Sénégal sans jamais le lui être rendu. Le réclamer est tout à fait légitime mais ne pas tenir compte de la real politique tiendrait de l’aveuglement en la matière. Toutefois la Gambie ne doit plus jamais être une menace permanente pour le Sénégal. Comme ce fut le cas vingt-deux ans durant sous le régime sanguinaire de l’ex-sergent Yahya Jammeh du village sénégalais de Kanilaye cédé, on ne sait comment, par l’ancien Président Senghor à la Gambie. Jammeh lui-même est né Sénégalais et a effectué son service militaire en tant que tel.

Et c’est gravissime. C’est pourquoi l’armée gambienne qu’il a créée doit être dissoute. Le colonisateur anglais a donné l’indépendance à l’ancienne colonie de Sir Bathurst en territoire sans armée, pour ne pas dire déjà désarmé. Il y avait juste une police municipale dans la capitale et une Field Force (police ou gendarmerie territoriale) de quelques dizaines d’éléments.

D’où un appel au retour à la situation ante. Car les canons d’une telle armée, s’il y a lieu, ne peuvent être dirigés que vers le nord, le sud ou l’est. C’est-à-dire contre le Sénégal. La souveraineté ne signifie point le droit de constituer une menace permanente contre son unique voisin. Tous les quatre présidents qui ont dirigé le Sénégal ont manqué de prospective sur ce que devaient être nos relations avec ce véritable cancer territorial qui nous empêche de relier deux points de notre territoire seulement éloignés de vingt kilomètres.

Et nous sommes obligés de faire un détour de cinq cents kilomètres face à une telle situation. Il est urgent de passer un Traité (Sénégambien Act) en vertu duquel les frontières seraient bannies, la Défense des deux pays confiée exclusivement au Sénégal. Un pays tiers ne pouvant attaquer la Gambie sans attaquer le Sénégal. Toutefois la Gambie peut garder une souveraineté formelle. Politique, économique et sociale. Un peu à l’instar de Monaco, d’Andorre, de Hong Kong, Macao, Pondichéry, Botswana, Lesotho…

Même sur le plan monétaire, la devise doit être la même. Une Convention sénégambienne donnant aux ressortissants des deux pays les mêmes droits sur les deux territoires élargirait à presque dix fois les opportunités pour chaque Gambienne et chaque Gambien. Les Sénégalaises et Sénégalais y trouveront aussi leur compte. Un peu à l’instar de ce qui se passe entre les pays de l’Union Européenne. Une union économique, monétaire et territoriale pourrait devenir, à la fois, une locomotive et un laboratoire pour une CEDEAO dont l’objectif est purement et simplement de ressembler aux vingt-sept pays de l’Union Européenne.

L’attitude gambienne à ce jour n’est qu’une matérialisation du flegme insulaire Anglais. C’est-à-dire un brexit avant la lettre. Pourquoi donc en plus de cinquante ans, personne n’a pensé fonder un parti pro Sénégalais en Gambie comme si c’était un crime ? Pourquoi n’a-t-on pas encouragé les Sénégalais de la frontière qui ont en commun avec les Gambiens d’avoir cette nationalité de voter pour des députés pro intégration ? Et, même d’influencer les Présidentielles dans ce pays ? Ces voies pacifiques sont pourtant permises. Comment comprendre encore ce que je qualifierai de Sénégynie ?

Laissant ainsi à Jammeh le loisir de jouer des pirouettes et les pyromanes. Notamment en utilisant le MFDC. Lequel MFDC était mort-né, faute de soutien extérieur. Il est vrai que le mouvement originel, comme sa version senghorienne ( Diamacoune), était sorti de l’imagination de notre premier président poète. Sa nouvelle version de 1982 avait été amplifiée au moment où la Compagnie pétrolière américaine INOCAL nourrissait l’espoir d’exporter de l’or noir en grande quantité de la Casamance. Avec une nappe débordant sur la Guinée-Bissau.

D’où le rôle de couveuse primordiale de ce pays vis-à-vis du MFDC. Ce qui était appelé le Front Nord de Sidy Badji n’avait d’existence que de nom, faute de sanctuaire. C’est alors que Jammeh est venu jeter de l’huile sur le feu, pour faire de cette rébellion clownesque une réalité. Il reprit pour l’amplifier l’idéologie des trois B comme jadis ceux de Hitler qui étaient : Berlin, Bagdad, Bombay.

A la sauce tropicale, cela devient : Banjul, Bignona, Bissau. Des attaques sporadiques amenèrent nos deux présidents (l’actuel et son prédécesseur) à se sentir obligés faire des courbettes à Jammeh qui leur faisait croire qu’il contrôlait le MFDC. Des années durant ces deux présidents, et même leur prédécesseur Abdou Diouf, versaient chaque année des milliards à Jammeh par l’intermédiaire d’officiers supérieurs, via une vitrine du MFDC. La meilleure illustration est que le riz offert par le Sénégal était commercialisé à Banjul par la compagnie Kanilaye International.

D’où les propos célèbres du Président Wade : « J’ai nourri le MFDC ». Jammeh faisait chanter nos Présidents qui, eux, tous les deux, marchaient. Tout était fourni à Jammeh via MFDC, y compris des liqueurs et autres spiritueux en plus des téléviseurs. Soit disant pour distraire les troupes et les saouler en vue de les empêcher de combattre.

Ces mêmes produits étaient, semble-t-il, disposés et disponibles dans les fêtes nocturnes de Serekunda et de sa banlieue. Les Athépart et autres cadres n’encadraient, eux, que ce flux de fonds publics illicites provenant de la fameuse Caisse Noire, comme si un noir avait besoin de noircir. Alors que là il s’agit de blanchir. Vous avez dit blanchir ? C’était la deuxième mamelle de la J.J Jammeh (lisez g g) Connection. Nous avons tous souvenance des armes dites iraniennes, du bois casamançais de la zone MFDC, des crimes crapuleux…

Mais le véritable sésame pour Jammeh était de transformer le MFDC en un corridor pour convoyer la drogue provenant du Cartel de Medellin via les iles Bijagos et le bois casamançais. D’où le côté narco de ce personnage éléphantesque. Vous avez dit un éléphant ça trompe énormément ? Tout cela se passait à dix kilomètres de notre territoire, avec pour nous un seul droit : celui de subir en silence.

Ahmed Khalifa Niass

Avec leral.net

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