La suspension pour trois mois, annoncée le 27 octobre, du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), parti de l’opposant en exil Issa Tchiroma Bakary, suscite l’indignation d’autres formations de l’opposition camerounaise, le FSNC évoquant une « grossière mise en scène ».
La classe politique de l’opposition et la société civile camerounaises dénoncent en chœur la suspension annoncée le 27 octobre du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), le parti d’Issa Tchiroma, ancien candidat à la présidentielle, aujourd’hui en exil en Gambie.
Une suspension de trois mois que le gouvernement a justifiée par cinq griefs, dont des appels à l’insurrection, l’incitation à la violence et de graves troubles à l’ordre public liés à la présidentielle du 12 octobre 2025 dont Paul Biya avait été déclaré vainqueur.
Le timing de cette suspension mis en cause
Le principal point de la controverse, c’est le timing de cette décision prise à l’approche des législatives et municipales : certains acteurs y voient une volonté de l’administration d’empêcher les éventuels candidats du FSNC de préparer sereinement ces prochaines échéances électorales.
C’est le cas de l’Union démocratique du Cameroun (UDC) notamment, le parti de Tomaino Ndam Njoya, qui, dans sa sortie, s’inquiète d’une mesure à tendance exclusiviste. Elle réclame que ces scrutins à venir soient aussi inclusifs que possible.
Le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), parti politique qui a apporté son soutien à Issa Tchiroma lors de la présidentielle, qualifie la suspension de « manœuvre grossière » d’un régime qui, selon le Manidem, chercherait à neutraliser ses adversaires plutôt qu’à les affronter dans les urnes.
Pour le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) du député Cabral Libii, « c’est un nouveau coup dur porté au pluralisme politique ». Le parti tente d’ailleurs un plaidoyer en direction de Paul Biya, le président de la République, et lui demande de reconsidérer la suspension, au nom de « l’apaisement et du pluralisme ».
Attendue depuis mardi, la position du FSNC lui-même est finalement tombée ce 29 octobre. Le parti de l’opposant en exil parle d’un « non-événement » et d’une « grossière mise en scène ». Il indique que le parti avait déjà de toute façon annoncé son boycott des prochaines élections, estimant que les conditions d’un scrutin démocratique, libre et transparent n’étaient pas réunies.
Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir contacté, s’est, lui, refusé à tout commentaire.
Avec Rfi












