Les autorités guinéennes ont présenté, mardi 29 septembre, date symbolique de la capture de Samory Touré par les troupes coloniales françaises en 1898, le projet de restitution des biens et des restes des résistants à la colonisation. Un projet phare pour la mémoire collective en Guinée, qui symbolise aussi les bonnes relations entre Paris et Conakry.
De la musique traditionnelle a accueilli, au Musée national, le ministre guinéen de la Culture, Moussa Moïse Sylla, et son hôte Jean-Luc Martinez, ambassadeur de France pour le patrimoine, en visite à Conakry. En juillet et août, la Guinée a demandé à la France de lui rendre les biens de Samory Touré, pillés après sa mort, ainsi que les restes humains de Bokar Biro et de ses proches, conservés dans des musées parisiens.
L’ambassadeur a rappelé la volonté du président Emmanuel Macron de faire avancer ces dossiers de restitution, facilités par l’adoption récente de lois en ce sens : en 2023 pour les restes humains, et en 2026 pour les biens culturels. « Il s’agit pour la République française d’accompagner un mouvement, né ici en Guinée, puisque les demandes sont anciennes. Dès la fin des années 1960, il y a eu ces demandes de restitutions », a-t-il souligné. À l’époque, les relations entre la France et la Guinée étaient dégradées, et Paris avait refusé de rendre ces biens.
Avant toute restitution, des chercheurs français et guinéens devront produire un rapport scientifique sur ces pièces, explique Safiatou Diallo, historienne et fondatrice du CIRD, un centre de recherche à l’initiative de ce projet : « Nous allons chercher à comprendre dans quel contexte ces biens et ces restes humains ont quitté la Guinée. À quel moment et comment ils sont arrivés en France et dans leurs lieux de conservation. »
Ces pièces devraient revenir en terres guinéennes courant 2027. Ce sera l’occasion d’un hommage national pour Bokar Biro, annonce le ministre de la Culture, Moussa Moïse Sylla : « Les restes humains de Bokar Biro et ses compagnons vont reposer au mausolée qui sera transformé en Panthéon, à côté de la mosquée Fayçal, dans une procession funèbre qui redonnera la dignité à ces héros, partis en captifs et qui reviendront en véritables héros. »
Le Coran de Samory Touré deviendra, lui, la pièce maîtresse d’un musée du livre, un autre grand projet culturel guinéen.
Avec Rfi













