Dialogue d’abord, épreuve de force ensuite ? Le Premier ministre prévient le Pastef : sans déblocage, le gouvernement sortira l’artillerie institutionnelle.
Le ton reste feutré, mais l’avertissement est lourd de sens. Lors de sa conférence de presse, le Premier ministre Al Amine Lo a tendu la main au Pastef sur la loi de finances rectificative (LFR), avant de laisser planer une menace : si le blocage s’installe, le gouvernement ne restera pas les bras croisés.
« Si un blocage doit perdurer, nous allons utiliser tous les outils institutionnels », a-t-il lâché. Une phrase brève, sans détail, mais qui change la tonalité de son intervention. Le chef du gouvernement n’a pas précisé de quels outils il parle, laissant à ses adversaires le soin d’imaginer l’étendue de la riposte.
Pour l’heure, il écarte l’option la plus frontale. « Comment imaginer s’offrir le luxe d’engager la responsabilité du gouvernement avec la majorité alors qu’on attend les athlètes », s’est-il interrogé. La voie de l’affrontement est donc, selon lui, un luxe que le pays ne peut pas se permettre en ce moment.
Le message est assumé : « Nous préférons le dialogue. Le Sénégal est un pays de dialogue ». Mais la préférence ne vaut pas renoncement.
Al Amine Lo a enfin lancé un appel solennel au Pastef : « Le monde nous regarde ». Il faut, a-t-il dit, « se ressaisir et se retrouver sur l’essentiel », à savoir « s’entendre sur la LFR ».
Entre la main tendue et l’arsenal brandi, le Premier ministre a donc fixé la règle du jeu : le dialogue tant qu’il est possible, la force des institutions si le blocage devait durer.
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