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Macky SALL face à  cette Afrique qui ne transige plus avec les règles, (Par Par Lansana Gagny SAKHO)

by Senegal7
30 mars 2026
in Actualités, Contribution, SOCIETE
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Macky SALL face à  cette Afrique qui ne transige plus avec les règles, (Par Par Lansana Gagny SAKHO)

Ce qui s’est passé autour de la candidature de Macky SALL au poste de Secrétaire général de l’ONU n’a rien d’un simple incident diplomatique. C’est une tentative de contourner les règles, de fabriquer un consensus inexistant, de forcer la main au continent en misant sur l’opacité, la confusion et l’absence totale de légitimité. Et cette tentative a été stoppée net dès qu’elle a quitté le terrain des arrangements internes pour entrer dans un espace où les institutions ne se manipulent pas et où les procédures ne se tordent pas au gré des ambitions personnelles.

Il faut le dire avec clarté : le Sénégal a été trop longtemps habitué à des manipulations constitutionnelles, à des réinterprétations opportunistes, à des pratiques qui ont fragilisé la confiance dans les institutions. Peut‑être que le candidat du Burundi a cru que ces méthodes pouvaient être exportées, comme si l’Afrique entière fonctionnait selon les mêmes logiques. Il a oublié une vérité essentielle : l’Afrique n’est pas le Sénégal, et même au Sénégal, cette époque est en train de s’achever. Le pays entre dans une nouvelle ère, portée par des autorités qui ont choisi la neutralité, la responsabilité, la rectitude et le respect des règles. Leur refus de s’associer à cette opération diplomatique hasardeuse montre que le Sénégal, sous ce nouveau gouvernement, s’engage résolument dans une voie plus saine, plus crédible, plus respectable et plus conforme aux standards internationaux.

Mais cette affaire révèle aussi une autre réalité, plus profonde, plus dérangeante : le nombrilisme sénégalais, cette tendance à croire que le monde tourne autour de nous, que nos figures nationales sont naturellement destinées aux plus hautes fonctions internationales, que notre prestige supposé suffit à convaincre les autres. Cette posture frise souvent la naïveté, une naïveté presque désarmante. Le monde a changé, les équilibres ont changé, les talents se rencontrent sous tous les cieux, et les nations ne se laissent plus impressionner par des récits auto‑centrés. Croire que la simple notoriété locale peut se transformer en légitimité mondiale relève d’une lecture dépassée des rapports de force internationaux. L’Afrique n’est plus un espace où l’on improvise des consensus ; elle est un continent où chaque pays défend désormais ses intérêts avec lucidité, méthode, rigueur et maturité stratégique.

À cela s’ajoute une dimension fondamentale que beaucoup feignent d’ignorer : la probité morale, indispensable pour prétendre au poste de Secrétaire général des Nations unies. Cette fonction exige une intégrité irréprochable, une neutralité absolue, une capacité à incarner la confiance mondiale. Le Secrétaire général n’est pas seulement un gestionnaire ; il est le visage moral, la boussole éthique, la référence de crédibilité de la communauté internationale. Toute candidature qui ne repose pas sur une probité incontestable, sur un parcours sans ambiguïtés, sur une réputation qui transcende les frontières, est vouée à l’échec. La morale n’est pas un supplément ; elle est le cœur même, la substance, la colonne vertébrale de la fonction.

Sur la scène internationale, les illusions ne durent jamais longtemps. Les consensus ne se bricolent pas. Les mandats ne s’inventent pas. Les institutions ne se laissent pas instrumentaliser par des opérations de communication déguisées en décisions collectives. Ce qui a été tenté relève d’une méthode dépassée, d’une vision archaïque de la diplomatie, d’une manière de faire qui n’a plus sa place ni en Afrique ni ailleurs.

Dans cette affaire, la réaction du Nigeria a été déterminante. Elle a été ferme, frontale, sans ambiguïté, et surtout structurante. Elle a rappelé que le continent n’est pas un terrain de jeu pour ambitions improvisées. Elle a rappelé que la crédibilité africaine repose sur la rigueur, la discipline institutionnelle, la cohérence diplomatique et le respect des règles. Elle a rappelé que les grandes nations africaines ne laisseront plus des initiatives solitaires être présentées comme des positions communes. Ce rappel à l’ordre n’était pas seulement utile ; il était indispensable. Et surtout, le Nigeria s’est opposé avec force au nom du principe fondamental de rotation du poste de Secrétaire général de l’ONU, un principe intangible, structurant, non négociable. Abuja a rappelé que l’Afrique ne peut pas défendre la rotation au niveau mondial et la violer en interne selon les convenances du moment. Cette cohérence, cette fermeté, cette vision stratégique ont été essentielles pour stopper une dérive qui aurait affaibli tout le continent.

Cette séquence doit marquer un tournant. L’Afrique ne peut plus tolérer que des pratiques internes, parfois marquées par la confusion volontaire ou la manipulation, soient projetées sur la scène internationale. Elle ne peut plus accepter que des présidences tournantes soient utilisées comme des tremplins personnels. Elle ne peut plus permettre que des ambitions individuelles se fassent passer pour des décisions collectives. Elle ne peut plus se permettre le luxe d’un nombrilisme national qui ignore la réalité du monde contemporain. Et elle ne peut plus fermer les yeux sur l’exigence morale absolue que requièrent les plus hautes fonctions internationales.

Une nouvelle ère s’ouvre. Une ère où la crédibilité prime sur les artifices, où la transparence prime sur les arrangements, où la responsabilité collective prime sur les calculs personnels. Une ère où l’Afrique exige d’elle‑même ce qu’elle exige du monde : le respect des règles, la clarté des procédures, la dignité institutionnelle. Une ère où chaque pays doit comprendre que la scène internationale n’est pas un miroir de ses illusions, mais un espace où seules comptent la rigueur, la cohérence, la probité et la légitimité.

Par Lansana Gagny SAKHO

Tags: Lansana Gagny SakhoMacky Sall
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