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POUR UN SÉNÉGAL PRODUCTIF (Par Mass Faye)

by Senegal7
30 août 2026
in Actualités, Politique
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POUR UN SÉNÉGAL PRODUCTIF (Par Mass Faye)

Notre pays ne peut plus se permettre de perdre du temps. Depuis près de deux ans et demi, le Sénégal a connu une période de tâtonnements, d’hésitations et de choix d’orientation économique qui ont contribué à installer un climat de d’incertitude et de panique économique. Certaines décisions et certains discours ont d’avantage fragilisé la confiance des acteurs économiques, des investisseurs, des partenaires et des entrepreneurs, au moment même où notre pays avait besoin de stabilité, de visibilité et d’une stratégie claire pour accélérer son développement.

Le constat est simple : le temps perdu ne se rattrape pas par de nouveaux discours, mais par une accélération massive de l’action publique, de l’investissement productif et de la création de richesse. Il nous reste aujourd’hui deux ans et demi pour remettre le Sénégal sur une trajectoire de croissance accélérée et rattraper le retard accumulé. Nous devons donc entrer dans une nouvelle phase : celle de l’urgence économique, de l’efficacité, de la mobilisation nationale et de l’accélération du développement. Le Sénégal n’a pas seulement besoin de davantage d’investissements. Il a besoin d’une politique capable de transformer rapidement ces investissements en activités économiques, en revenus pour les ménages, en emplois et en production nationale. C’est dans cette perspective que je propose la mise en place d’un **Programme national de développement accéléré (PNDA)**.

L’ambition n’est pas d’ajouter un dispositif à ceux qui existent déjà. Elle est de créer un cadre national capable de fédérer les politiques publiques, les financements et les initiatives locales autour d’un objectif simple : faire de chaque territoire un espace de production et de création de revenus. Notre principal défi économique est de créer davantage de richesse à l’intérieur du pays. Nous devons donc passer progressivement d’une logique où l’État intervient d’abord pour soutenir les revenus à une logique où il 1 crée les conditions permettant aux citoyens de produire, de vendre, d’investir et d’accumuler du capital. Le programme Girinka, au Rwanda, montre qu’une politique publique peut transformer un simple actif productif en instrument durable de lutte contre la pauvreté. Une famille qui reçoit un moyen de production génère des revenus, améliore son alimentation, développe une activité et, à terme, contribue ellemême à la transmission du dispositif.

Le Sénégal doit inventer son propre modèle. Pourquoi ne pas imaginer un programme permettant à des milliers de ménages d’accéder à un actif productif adapté à leur territoire : vache laitière, petit ruminant, matériel agricole, équipement de transformation, unité de pêche, tricycle de transport, machineoutil, équipement numérique, ou fonds de roulement pour une activité commerciale ? L’objectif resterait le même : transformer une dépense publique en capacité permanente de production. Le Sénégal ne part pas de zéro. Des instruments de financement de l’entrepreneuriat, des programmes agricoles et des mécanismes de protection sociale existent déjà, portés par des institutions qui ont accumulé une réelle expérience de terrain. Le PNDA n’aurait donc de sens que s’il rationalise cet ensemble plutôt qu’il ne s’y superpose : un guichet lisible pour le bénéficiaire, un référentiel commun de ciblage, un système unique de suivi des résultats.

Un citoyen ne devrait pas avoir à connaître l’organigramme de l’État pour accéder à un financement productif. C’est un travail de coordination, moins spectaculaire qu’une annonce, mais c’est la condition de l’efficacité. Pour donner au PNDA les moyens de ses ambitions, je propose la création d’un **Fonds de développement accéléré (FDA)**, destiné à financer les projets productifs des ménages, des jeunes entrepreneurs, des femmes, des coopératives, des artisans et des petites entreprises. Ce fonds ne devrait pas fonctionner comme un simple guichet de subvention, mais comme un **fonds renouvelable** : un bénéficiaire reçoit un financement ou un actif productif, son activité génère des revenus, et une partie de ces revenus reconstitue progressivement le fonds, qui finance à son tour un nouveau bénéficiaire. 2 Un franc public pourrait ainsi servir plusieurs fois au financement du développement. Encore faut-il être lucide : un fonds rotatif ne tourne que s’il est remboursé.

L’expérience de nombreux dispositifs comparables, dans la sous-région comme ailleurs, montre que les taux de recouvrement dépendent de trois facteurs. D’abord, la qualité du ciblage : on ne finance pas un projet, on finance un porteur de projet. Ensuite, l’accompagnement technique : appui vétérinaire, formation à la gestion, accès au marché. Un actif productif sans accompagnement devient rapidement un actif improductif. Enfin, l’adaptation des échéances au cycle réel de l’activité, avec un différé pour les productions à maturation longue et des mécanismes de caution solidaire, éprouvés par nos mutuelles et nos groupements. Sans ces trois conditions, un fonds renouvelable n’est qu’un fonds qui se vide. Un tel programme suppose des ressources.

Elles peuvent être mobilisées par redéploiement d’une partie des dépenses existantes, par la valorisation de nos nouvelles recettes, ou par un élargissement de l’assiette fiscale, qui reste, au Sénégal, la piste la plus solide. L’idée d’une contribution dédiée, sous forme d’une taxe de développement accéléré (TDA) affectée au FDA, mérite d’être examinée. Mais elle ne peut l’être qu’à des conditions strictes. Une contribution forfaitaire, prélevée uniformément sur des opérations courantes, pèserait proportionnellement plus sur les ménages modestes que sur les plus aisés. Ce serait contradictoire avec l’objectif même du programme. Si une telle contribution devait voir le jour, elle devrait donc être assise sur des bases progressives, exonérer les petites transactions et les biens de première nécessité, et faire l’objet d’une étude d’impact publiée avant toute décision. Elle devrait surtout satisfaire trois exigences : la transparence, la traçabilité et un retour visible vers les populations.

Le citoyen doit pouvoir savoir combien la contribution rapporte, où va l’argent, et 3 combien de personnes en ont bénéficié. Un rapport public annuel, département par département, ne serait pas un supplément : ce serait la condition du consentement. C’est probablement le point le plus important de cette proposition. Nous devons sortir d’une conception du développement où le citoyen n’est qu’un bénéficiaire. Il doit devenir coproducteur de la richesse nationale. Si une famille reçoit une vache, elle doit pouvoir produire du lait. Si un jeune reçoit un équipement, il doit pouvoir créer une activité. Si une coopérative reçoit du matériel, elle doit pouvoir transformer localement les produits agricoles. L’État ne doit pas seulement financer des dépenses. Il doit financer des capacités de production. Le PNDA devrait être fortement ancré dans les territoires. Chaque département identifierait quelques filières prioritaires correspondant à ses avantages comparatifs : l’élevage ici, l’agriculture là, ailleurs la pêche, l’artisanat, la transformation agroalimentaire, le tourisme, les services numériques ou la logistique. L’État définirait les orientations et les mécanismes de financement ; les collectivités, les organisations professionnelles et les acteurs privés participeraient à l’identification et au suivi des bénéficiaires.

Cette approche rapprocherait la politique économique des réalités quotidiennes des Sénégalais. L’objectif du PNDA est de déclencher un enchaînement économique : financement → équipement → production → revenu → consommation → épargne → investissement → nouveaux emplois. Car lorsqu’un ménage produit davantage, nous ne reculons pas seulement la pauvreté. Nous créons de la demande, nous soutenons les entreprises locales, nous élargissons progressivement l’assiette fiscale et nous renforçons la souveraineté économique du pays. Devant chaque grande dépense publique, une question devrait désormais être posée : crée-t-elle une consommation immédiate, ou une capacité durable de production ? 4 L’État doit évidemment continuer à financer la santé, l’éducation, la sécurité et les infrastructures, qui sont, elles aussi, des investissements productifs. Mais une part croissante de notre effort doit être orientée vers ce qui permet aux citoyens de générer eux-mêmes des revenus. C’est ainsi que nous réduirons progressivement la dépendance aux transferts d’assistance, sans jamais les supprimer pour ceux qui en ont besoin. Une proposition n’engage que si elle se laisse évaluer.

Le PNDA devrait donc être assorti d’objectifs chiffrés et publics : un nombre de ménages équipés sur cinq ans, un coût moyen par bénéficiaire, un taux de recouvrement minimal du fonds, un taux de survie des activités financées à trois ans. Le développement ne se mesure pas au montant des sommes dépensées. Il se mesure au nombre de nouveaux producteurs, d’entrepreneurs financés, d’emplois créés, de revenus générés et de familles durablement sorties de la vulnérabilité. Le Sénégal dispose de ressources humaines considérables, d’une jeunesse entreprenante et d’un secteur privé qui ne demande qu’à se développer. Notre défi est de connecter ces forces à des mécanismes de financement suffisamment suffisamment simples et suffisamment transparents. puissants, Il ne s’agit pas de promettre une solution miracle. Il s’agit de faire un choix économique clair : investir dans la capacité des Sénégalais à produire. MASS FAYE ENTREPRENEUR & FINANCIER MEMBRE FONDATEUR DE KIIRAAY PRESIDENT DE EPR (ENTREPRENEURS PATRIOTES ET REPUBLICAINS)

Tags: Senegal
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