Depuis l’ouverture des auditions des commissions d’enquête parlementaires, les protestations se multiplient, aussi bien chez les membres du parti présidentiel que dans les rangs de l’opposition.
Ceux qui multiplient aujourd’hui les sorties tapageuses contre lesdites commissions ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ces commissions ne sont pas tombées du ciel. Elles ont été créées le 20 août 2026, à l’unanimité, par une Assemblée dont nul n’ignorait la situation.
Depuis le 26 mai 2026, en effet, la présidence de l’Assemblée nationale est exercée dans des conditions manifestement illégales et contraires à l’article 54 de la Constitution. Nous l’avions dit dès le premier jour : il s’agit d’un coup d’État parlementaire, dont l’Exécutif comme l’opposition subissent aujourd’hui, en toute logique, les conséquences.
Le Président de la République, gardien de la Constitution et garant du fonctionnement régulier des institutions, disposait des prérogatives constitutionnelles pour empêcher cette forfaiture d’un Premier ministre limogé. Il a failli, en choisissant de laisser faire.
L’opposition parlementaire, elle, avait le choix. Nous l’avions vigoureusement appelée au boycott et à une résistance républicaine. En participant aux débats et en légiférant, elle a légitimé ce coup d’État parlementaire ; elle ne peut s’étonner de ce qui en découle aujourd’hui.
La suite était prévisible. Après avoir cherché, par tous les moyens, à étendre ses prérogatives constitutionnelles au détriment de l’Exécutif, l’Assemblée de M. Ousmane Sonko s’aventure désormais sur le terrain du pouvoir judiciaire, pour lequel elle n’est ni formée ni préparée. Examiner des dossiers dont la justice est déjà saisie, réclamer des pièces complémentaires, conduire des auditions sans l’appui d’experts aguerris : ce n’est plus du contrôle, c’est une instrumentalisation des institutions. La transparence n’est pas un mot magique qui justifie tout.
C’est pourquoi je réitère, en tant que citoyen et chef de parti, mon appel à toutes les oppositions : ayez le courage de boycotter définitivement cette Assemblée, de provoquer sa dissolution et d’imposer une élection anticipée en 2027. La dissolution ne doit plus être une option laissée à la seule discrétion du Chef de l’État, au gré d’un « je dissous ou je ne dissous pas » ; elle doit devenir une exigence politique. Rester à l’Assemblée nationale, c’est cautionner la forfaiture de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, et c’est préparer la prochaine victoire du PASTEF.
Le peuple doit avoir le dernier mot, et il doit l’avoir maintenant. Nous avons choisi le peuple et la République ; nous sommes tenus de l’assumer pleinement.
L’Assemblée nationale actuelle ne représente plus le peuple sénégalais dans sa diversité. Lorsqu’une Assemblée cesse d’en être le reflet, on retourne aux urnes. Une Assemblée nouvellement élue devra replacer les commissions d’enquête parlementaires dans un cadre légitime et inclusif, en s’appuyant sur les rapports de la Cour des comptes et de l’IGE ainsi que sur les décisions de justice, pour une transparence au service du développement du pays.
Doudou KA
Président du Parti pour le Grand Sénégal (PGS)













