Julie Kozack, directrice du département de la communication du Fonds Monétaire International (FMI), a tenu une conférence de presse, ce 10 septembre 2026. Face aux journalistes, elle a clarifié le traitement de la dette annoncée par les autorités du Sénégal et le nouveau programme de 2,2 milliards $ (1243 milliards de FCFA).
Extrait de ses réponses face aux questionnaires des journalistes
Comme vous le savez, le 2 septembre, les services du FMI et les autorités sénégalaises sont parvenus à un accord de principe sur les principales politiques économiques qui pourront servir de base à un nouvel accord de facilité élargie de crédit (FEC) d’une durée de trois ans. Cet accord, d’un montant d’environ 2,2 milliards de dollars américains, vise à soutenir le programme de réformes économiques et financières des autorités. Il est soumis à l’approbation de la direction du FMI et, bien entendu, de notre Conseil d’administration. Les principales réformes prévues dans le cadre de ce programme visent à rétablir la viabilité des finances publiques du Sénégal tout en protégeant les ménages les plus vulnérables.
Comme indiqué précédemment, les autorités ont également annoncé leur intention d’entreprendre un traitement de la dette extérieure du Sénégal, visant à remédier à sa forte vulnérabilité. Nous saluons leur projet d’utiliser le Cadre commun du G20 et le FMI est prêt à soutenir ce processus.
J’ajouterais que, lorsque les autorités nationales et leurs créanciers y consentent, le Fonds peut également user de ses bons offices pour faciliter le dialogue entre créanciers et débiteurs dans le cadre d’une restructuration de la dette. Et nous sommes bien entendu prêts à le faire dès maintenant, si la demande nous en est faite, en respectant les délais et les modalités.
Permettez-moi donc de revenir en arrière et d’expliquer brièvement le processus. Concernant la présentation du programme au Conseil d’administration et son interaction avec le processus de restructuration de la dette, nos politiques au FMI nous permettent de soumettre le programme à notre Conseil d’administration pour examen, même si le Sénégal poursuit ses discussions sur la restructuration de sa dette avec ses créanciers. Cela signifie que si le programme est approuvé par notre Conseil d’administration, le FMI fournira un financement au Sénégal, ce qui pourra contribuer à couvrir certains de ses besoins de financement immédiats, notamment en matière de services publics et d’autres dépenses prioritaires.
Les négociations sur la dette étant en cours, notamment en ce qui concerne sa durée et le délai nécessaire à sa restructuration, je ne suis pas en mesure d’en parler ni même de spéculer à ce sujet. C’est une question qui relève du Sénégal et de ses créanciers. J’ajouterai que la conception et la portée de tout traitement de la dette sont, en définitive, du ressort des autorités sénégalaises et de leurs créanciers.
Le rôle du FMI est de collaborer avec les autorités sur le cadre macroéconomique et les politiques économiques qui le sous-tendent, puis de préparer l’analyse de la viabilité de la dette. L’objectif des politiques intégrées au programme et du traitement de la dette est de rétablir la viabilité des finances publiques du Sénégal, en fonction du type d’analyse de la viabilité de la dette que nous allons utiliser.
Oui. Ah oui, à propos du pétrole. D’accord. À propos du pétrole. Actuellement, concernant les recettes pétrolières, je peux dire que la hausse des prix mondiaux du pétrole exerce une pression supplémentaire sur les finances publiques du Sénégal. En effet, le Sénégal maintient des subventions énergétiques non ciblées. Ainsi, à mesure que les prix du pétrole augmentent, le montant des subventions inscrites au budget augmente également. Par conséquent, la hausse des prix du pétrole accentue la pression budgétaire sur le Sénégal.
Pour ce qui est de la manière dont le programme peut contribuer à résoudre ce problème, les réformes prévues visent à soutenir une gestion transparente des ressources publiques, à créer un espace pour les dépenses prioritaires, des programmes de protection sociale ciblés et des améliorations de l’environnement des affaires afin de contribuer également à diversifier l’économie sénégalaise.
AAG-Senegal7












