Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, a haussé le ton sur la gestion des fonds politiques, plaidant pour un encadrement strict qu’il présente comme une exigence morale autant que politique. « L’absence de contrôle des fonds politiques n’est pas halal. On sait tous que certaines dépenses ne peuvent être rendues publiques. C’est pourquoi nous proposons une commission composée de personnes assermentées », a-t-il expliqué, rattachant cette proposition à l’héritage programmatique de Pastef : « Cela figure dans mon programme de 2019 et c’est ce même programme qu’on a utilisé pour Diomaye président. Cette question dépasse nos personnes. Il s’agit d’être cohérent. C’est une promesse de Pastef. »
Le président de l’Assemblée a ensuite cité un précédent au Cese : « L’ancienne présidente a créé trois comptes alors qu’elle n’avait pas le droit. L’IGE l’a mis dans son rapport. Ce que j’ai transmis à la justice. »
Sur le fonds secret de la Primature, hérité de l’ère Wade, Sonko a tenu à corriger les approximations qui circulent : « La Primature a un fonds secret créé par Wade en 2004. Une personne doit éviter de dire des choses qu’elle ne maîtrise pas. Je sais qu’elles sont envoyées. » Il a livré des chiffres précis sur son évolution : « 7,9 milliards en 2025, le fonds est arrivé à 11 milliards. Macky avait tout épuisé. » D’où l’initiative parlementaire actuelle : « Pour éviter cela, l’Assemblée veut avoir un contrôle. On est pour une augmentation de ces fonds, mais il faut un contrôle. »
Il a également évoqué des mouvements suspects sur des comptes spéciaux : « En 2024, en mars et avril, ils ont pompé plus de 3 milliards sur les comptes spéciaux. L’ancien Dage m’a demandé de demander à Cheikh Dina. Jusqu’à présent, j’ai pas de réponse. »
Sonko a par ailleurs tenu à se démarquer personnellement de toute dépense contestée : « J’ai jamais dépensé un franc sur cet argent. J’ai ordonné au Dage de tracer les dépenses. » Il est également revenu sur plusieurs lignes budgétaires précises, dont l’acquisition de véhicules : « 940 millions de voitures pour le service de recouvrement. J’ai pas acheté de voiture. J’ai acheté 27 véhicules à l’Onrac » — ainsi que d’autres postes de dépenses, dont « 300 millions pour la remise du building. C’est ce qu’on a demandé comme rallonge. »
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