L’État veut renforcer son dispositif de protection et de réinsertion des mineurs et jeunes majeurs en situation de vulnérabilité ou en conflit avec la loi. À l’occasion de l’ouverture d’un panel de haut niveau consacré à la mise en place d’un dispositif et d’un fonds dédiés à leur insertion, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Maître Moussa Sarr, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à offrir une véritable seconde chance aux jeunes accompagnés par la justice.
Chaque année, près de 17 000 mineurs, qu’ils soient victimes, témoins, en danger ou en conflit avec la loi, sont pris en charge par la Direction générale de la Protection judiciaire et sociale. Cet accompagnement éducatif et social permet déjà à de nombreux jeunes de préparer leur avenir. En 2025, plus de 412 pensionnaires ont ainsi obtenu des diplômes dans différents métiers techniques et artisanaux, notamment la menuiserie, l’électricité, la coiffure et la restauration.
Mais la sortie des centres reste un moment particulièrement délicat. Faute de stages, d’emplois ou de moyens financiers pour lancer une activité, de nombreux jeunes diplômés peinent à transformer leur formation en véritable insertion professionnelle. Cette fragilité peut les exposer à la précarité et, dans certains cas, au risque de récidive.
Pour répondre à cette difficulté, le gouvernement a institué, par décret, le Fonds de réinsertion des mineurs et jeunes majeurs en situation de vulnérabilité. Le nouveau mécanisme doit permettre de financer l’autonomisation socioprofessionnelle des jeunes diplômés et d’accompagner leurs projets entrepreneuriaux, afin de faciliter leur transition vers une vie professionnelle stable.
Pour le Garde des Sceaux, la réussite de cette politique passe toutefois par une mobilisation de l’ensemble des acteurs. Les structures publiques, le secteur privé ainsi que les partenaires techniques et financiers sont appelés à contribuer à la création d’opportunités concrètes, notamment à travers l’octroi de quotas, de stages et d’emplois.
La réinsertion de ces jeunes ne saurait ainsi être considérée comme une simple mesure d’assistance. Elle doit être envisagée comme un droit fondamental et comme une responsabilité collective. À travers ce fonds et le nouveau dispositif d’insertion, l’objectif affiché est de transformer les parcours marqués par la vulnérabilité ou le passage devant la justice en véritables trajectoires de réussite et d’autonomie.
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