À la suite des propos et des menaces du Professeur Arona Coumba Ndoffène dofène DIOUF, ancien ministre, à l’encontre de Ousmane SONKO, je tiens à rappeler un principe fondamental : la violence, les menaces et les discours de haine sont profondément condamnés, quel que soit leur auteur, leur cible ou leur appartenance politique. Nul ne doit être menacé, intimidé ou exposé à la violence pour ses opinions ou ses engagements. La liberté d’expression ne saurait justifier les appels à la haine, les menaces physiques ou les discours qui mettent en danger la cohésion nationale.
Cependant, cette exigence doit s’appliquer à tous, sans deux poids, deux mesures. Comment comprendre que des discours xénophobes visant la communauté guinéenne vivant au Sénégal aient pu être diffusés, notamment par des acteurs politiques voir mêmedes députés, alors que des menaces auraient même été proférées contre leurs commerces, sans susciter une condamnation politique aussi ferme et systématique ? La justice a dû intervenir face à certaines dérives. Nous sommes tous Africains et, au-delà de nos nationalités, nous sommes des êtres humains qui méritent respect et protection. La stigmatisation d’une communauté entière est inacceptable. Les responsables politiques, les députés et les organisations partisanes ont le devoir de condamner clairement ces comportements, quels qu’en soient les auteurs.
De la même manière, si les propos du Professeur Arona Coumba Ndoffène DIOUF sont condamnables, ceux de Ousmane Sonko qui, par le passé, ont été rapportés comme des menaces graves contre la vie de Macky Sall ou comme des appels à la violence contre d’anciens Présidents de la République doivent également être examinés avec la même rigueur. Ses déclarations, notamment celles évoquant le sort de Samuel Doe ou l’usage d’armes à feu contre d’anciens chefs d’État, ne peuvent être banalisées si elles sont établies dans leur contexte exact. On ne peut pas exiger le respect pour Ousmane Sonko tout en relativisant les propos violents tenus à l’égard d’autres personnalités ou institutions. Le respect doit être réciproque et la responsabilité politique, universelle.
Il convient également de rappeler que le statut institutionnel de Ousmane Sonko doit être apprécié au regard des dispositions constitutionnelles(art.54 C) et du règlement intérieur de l’Assemblée nationale(art. 132 R.I), sans confusion entre sa fonction de président de PASTEF et les fonctions parlementaires. Mais, quel que soit son statut, il demeure un citoyen qui doit être protégé contre les menaces, comme tout autre Sénégalais. La défense de sa personne ne saurait toutefois devenir un prétexte pour ignorer les violences verbales ou les discours de haine visant d’autres citoyens.
Notre position est donc claire : nous condamnons les menaces de l’ancien Ministre Arona Coumba Ndofène DIOUF, nous condamnons les discours xénophobes visant les Guinéens, et nous condamnons tout propos appelant à tuer, à mutiler ou à envoyer des jeunes à la mort. Nous condamnons également toute instrumentalisation politique de ces dérives. Les appels à la violence de Ousmane Sonko(2021-2024), notamment ceux qui auraient visé Macky Sall et d’anciens Présidents, méritent la même exigence de responsabilité et de vérité.
Le Sénégal n’a pas besoin d’une compétition dans la haine, mais d’une culture de responsabilité, de justice et de respect mutuel. Aucun parti, aucun dirigeant et aucune communauté ne doit bénéficier d’une immunité morale ou politique. La paix civile et la cohésion nationale exigent une seule règle pour tous : condamner la violence d’où qu’elle vienne, protéger chaque citoyen et refuser catégoriquement la stigmatisation, la xénophobie et les menaces.
Pour une République juste, un Sénégal uni et une Afrique solidaire.
Monsieur le Président Sem Bougar DIOUF UPS
Union des Panafricanistes Sénégalais – UPS













