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«Gestion autoritaire» : Macky et sa conception personnelle du pouvoir

by Assane Seye
4 janvier 2021
in Actualités, Politique, SOCIETE
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«Gestion autoritaire» : Macky et sa conception personnelle du pouvoir

C’est avec son arrivée au perchoir, au début du second mandat de Wade, son ex-mentor avec sa démission forcée à la tête de l’Assemblée nationale que Macky Sall semble prendre la pleine mesure de se forcer un destin d’homme politique autoritaire. Arrivée à la magistrature suprême, il prend des mesures jugées impopulaires dont la suppression contre vents et marées du poste de Premier ministre lui octroyant tous les pouvoirs.

«Je suis issu d’une lignée de guerriers. Ils préfèrent mourir que de perdre la face», avait déclarait Macky Sall lors de la présentation de son livre autobiographique : Le Sénégal au cœur, où il revendique deux traductions de son nom de famille : «entêté» et «qui refuse».

Un septennat à la place d’un quinquennat  

 C’est au lendemain de sa réélection, que les Sénégalais ont découvert le vrai visage de Macky Sall, Président de la république. Cependant, tout a pris forme au cours de son premier mandat. Parce qu’il avait commencé à poser des actes qui ne rassurent guerre. Il avait déclaré sous tous les toits que contre vents et marées, son premier mandat sera un quinquennat. A l’arrivée, à la surprise générale, il dit se plier au verdict rendu par le conseil constitutionnel qui lui impose un septennat.

   Suppression du Poste de Premier ministre

  L’annonce de la suppression du poste de Premier ministre a pris tout le monde de court, mais le président n’en a cure. Objectif : avoir les mains libres pour mener à bien ses réformes.

 Entre deux promesses sur le développement du pays et la justice sociale, il évoque «la nouvelle dynamique [qu’il] compte imprimer à la conduite des affaires publiques». «Quand on aspire à l’émergence et qu’on est tenu par l’impératif du résultat, l’urgence des tâches à accomplir requiert de la diligence dans le travail […]. J’engagerai donc sans tarder des réformes en profondeur, visant à simplifier et à rationaliser nos structures et à réformer nos textes là où c’est nécessaire», poursuit le chef de l’État dans Jeune Afrique.  

Selon Macky Sall la suppression du poste de Premier ministre va  «diminuer les goulets d’étranglement, accélérer les réformes et leur permettre d’avoir  davantage d’impact».   

 Des Sénégalais, notamment les membres de l’opposition dénoncent un « non-respect du contrat moral » qui lie le président à ses compatriotes. «À chaque fois, il s’abrite derrière la légalité pour ne pas respecter ses engagements. Ce fut le cas avec sa promesse sur la réduction de son premier mandat de sept à cinq ans. Aujourd’hui, il assure que c’est son dernier mandat. Mais qui nous dit qu’il ne va pas en briguer un troisième en 2024 si le Conseil constitutionnel le lui permet» ? S’était inquiété Thierno Bocoum, alors interrogé par nos confrères de Jeune Afrique.

 Conception personnelle du pouvoir

 Nombreux sont des Sénégalais qui ont vite fait de déclarer que Macky Sall joue aux apprentis sorciers et rompt avec un équilibre institutionnel qui convenait à tout le monde.   

 Tous les pouvoirs, aucune réélection à préparer, personne à ménager. Macky Sall va avoir les mains libres jusqu’à son départ où non du palais de la République dans cinq ans. Selon ses lieutenants, il est déterminé à « changer le Sénégal en profondeur » et à « marquer une rupture », quitte à prendre des mesures impopulaires. « Tout ce qui n’a pu être fait pendant le premier mandat le sera pendant le second », résument ses collaborateurs.  

 «Lignée de guerriers»

C’est depuis son arrivée au perchoir, Président de l’Assemblée nationale au début du second mandat de Wade, son ex-mentor avec sa démission forcée à la tête de l’Assemblée nationale que Macky Sall semble prendre la pleine mesure de se forcer un destin d’homme politique autoritaire. Un «casus belli» survient en 2008. Ce, quand Macky Sall convoque le fils du Président Wade, Karim, alors chef d’une agence de travaux pour le sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) à Dakar, afin de s’expliquer devant les députés sur l’utilisation des fonds.

Malgré les pressions, il refuse de quitter son poste. Finalement chassé par un vote des députés en novembre 2008, il démissionne de tous ses mandats électifs acquis sous la bannière du parti au pouvoir et crée sa propre formation.

«C’est à ce moment que ma vie a pris un tournant essentiel», raconte Macky Sall dans son livre autobiographique Le Sénégal au cœur. Commence alors pour lui une «longue marche» dans les régions les plus reculées du pays, avec en ligne de mire la présidentielle de 2012.

Il s’ancre dans l’opposition et refuse tout compromis avec Abdoulaye Wade. «Je suis issu d’une lignée de guerriers. Ils préfèrent mourir que de perdre la face», déclarait-il lors de la présentation du livre, où il revendique deux traductions de son nom de famille : «entêté» et «qui refuse».

 Arrivée à la magistrature suprême, l’opposition accuse le président réélu en 2019 d’avoir instrumentalisé la justice pour éliminer ses deux rivaux potentiels les plus dangereux, Karim Wade, et le maire déchu de Dakar, Khalifa Sall, dont les candidatures ont été invalidées en raison de condamnations pénales.

Il s’en défend, plaidant la stricte séparation des pouvoirs. Mais dans une interview à la télévision France 24, il affirme ne pas exclure une amnistie en faveur de Karim Wade et Khalifa Sall. 

Pape Alassane Mboup-Senegal7

Tags: autoritaireConceptionduetGestionMackypersonnelle »pouvoirsa
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