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Justice sénégalaise : l’État de droit pris en otage, la confrontation devient inévitable, (Par Moussa Niang)

by Senegal7
16 janvier 2026
in Actualités, Politique
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Justice sénégalaise : l’État de droit pris en otage, la confrontation devient inévitable, (Par Moussa Niang)

Le Sénégal traverse aujourd’hui une crise silencieuse mais profonde : l’instrumentalisation manifeste de la justice par le pouvoir politique. Or, une démocratie ne se mesure ni à la solennité de ses discours ni à la multiplication de ses institutions, mais à la manière dont la loi est appliquée lorsque celle-ci dérange le régime en place. À cet égard, le constat est implacable : la justice sénégalaise vacille.

En effet, les institutions censées garantir l’équilibre républicain, Conseil constitutionnel, appareil judiciaire, organes de contrôle, sont désormais perçues, à juste titre, comme des leviers politiques, activés ou neutralisés selon les intérêts du pouvoir. Dès lors, cette dérive ne relève plus de la suspicion : elle est devenue une pratique, incompatible avec les principes élémentaires de l’État de droit.

Deux plaintes, zéro instruction : la démonstration par les faits

C’est précisément dans ce contexte que le mouvement Gueum Sa Bopp a déposé, à deux reprises, des plaintes formelles devant les autorités compétentes.
D’une part, l’affaire des 8 milliards de Bakel, dossier grave, documenté, engageant directement les intérêts financiers de la Nation.
D’autre part, le rapport de l’ITIE, qui révèle des incohérences majeures et des manquements préoccupants dans la gestion des ressources extractives, secteur stratégique pour la souveraineté économique du Sénégal.

Pourtant, alors que ces plaintes appelaient rigueur, diligence et courage institutionnel, elles sont restées lettre morte. Aucune instruction sérieuse. Aucun empressement. Aucun sursaut républicain.
Pourquoi ? Parce que ces dossiers touchent le pouvoir en place et des responsables du Pastef. Là, la justice se fait subitement aveugle, sourde et immobile.

À l’inverse, lorsqu’il s’agit d’opposants, la machine judiciaire se met en branle avec une célérité spectaculaire et une assurance troublante. C’est la définition même d’une justice à deux vitesses, destructrice de confiance et corrosive pour la démocratie.

De la reddition des comptes à la mise en scène politique

Par conséquent, la reddition des comptes, pourtant annoncée comme une rupture historique, s’est transformée en imposture politique.
Certes, les discours ont été tapageurs, les accusations nombreuses, la communication agressive. Mais au bout du vacarme, le bilan est sans appel : zéro franc récupéré, malgré les promesses de centaines de milliards.

Ainsi, la justice n’a pas été mobilisée pour établir la vérité, mais pour intimider, neutraliser et disqualifier politiquement.

Des engagements internationaux ouvertement violés

Il convient de rappeler que le Sénégal a signé et ratifié de nombreuses conventions internationales relatives à l’indépendance de la justice, aux droits de l’homme, à la bonne gouvernance et à la transparence dans la gestion des ressources naturelles.
Ces engagements ne sont ni symboliques ni facultatifs : ils sont juridiquement contraignants.

Or, aujourd’hui, leur esprit est piétiné, leurs principes ignorés et leurs obligations bafouées. Dès lors, le silence international ne saurait être une option.

Pourquoi la confrontation politique devient inévitable ?

Face à une justice confisquée, à des plaintes enterrées et à des institutions verrouillées, les demi-mesures ne sont plus une réponse.
Lorsque les mécanismes internes sont neutralisés, la confrontation politique démocratique devient un devoir républicain.

Les grandes démocraties l’ont compris depuis longtemps. Aux États-Unis, par exemple, le Department of Justice ne saurait être un appendice du parti au pouvoir, les procureurs disposent d’une autonomie réelle, toute ingérence politique dans une procédure judiciaire constitue un scandale institutionnel majeur. De même, les juridictions constitutionnelles y sont soumises à une transparence rigoureuse et à des contre-pouvoirs effectifs.

Autrement dit, aucune démocratie sérieuse n’accepte que la justice soit placée sous tutelle partisane.

Des réformes de rupture pour une justice réellement indépendante

C’est pourquoi Gueum Sa Bopp propose des réformes radicales et non négociables :
– sortir définitivement la justice de l’emprise de l’exécutif,
– garantir l’autonomie totale du parquet,
– refonder le Conseil supérieur de la magistrature en excluant toute domination politique,
– dépollitiser le Conseil constitutionnel par des auditions publiques et des mandats non renouvelables,
– criminaliser toute ingérence politique dans le fonctionnement de la justice,
– créer un parquet spécial indépendant pour les crimes économiques et financiers.

Alerte nationale et internationale

En conséquence, Gueum Sa Bopp saisira officiellement les organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme, les ambassades accréditées à Dakar et l’ensemble de la communauté internationale. Il ne s’agit ni d’ingérence ni de dramatisation, mais d’un acte de responsabilité républicaine, face à des pratiques qui compromettent à la fois les libertés publiques, la stabilité institutionnelle et la crédibilité internationale du Sénégal.

La vérité que le régime tente de dissimuler

On ne peut pas gouverner au nom de la rupture en recyclant les pires pratiques du passé.
On ne peut pas invoquer l’État de droit tout en neutralisant la justice lorsqu’elle dérange le pouvoir.
Et surtout, on ne bâtit pas un Sénégal fort sur une justice faible, docile et sélective.

La justice ne doit servir ni un régime ni un parti. Elle doit servir la loi. Rien que la loi.

Moussa Niang
Délégué national à la Vie politique de Gueum Sa Bopp, « Les Jambaars »

Tags: justiceMoussa Niang
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