Un an après un départ en zigzag (Gambie, Maroc, puis Paris, faute d’avoir pu embarquer à Dakar), Madiambal Diagne s’offre le plateau du Sen show et transforme l’anniversaire de son exil en plaidoyer. Sa thèse tient en une phrase : ce n’est pas lui qui fuit les micros, ce sont certains micros qui le fuient.
L’invité se défend d’être un homme de silence. « Madiambal ne refuse pas des interviews », martèle-t-il, citant celles accordées à Aïssatou Diop Fall et à Maïmouna Ndour Faye. La preuve, selon lui, qu’il parle dès qu’on l’interroge.
Reste la liste des absents. Moustapha Diop, Ahmet Aidara, Fatou Abdou Ndiaye : trois noms qu’il dit avoir appelés lui-même, en « prenant la responsabilité » de la démarche. Le silence qui a suivi n’est donc pas le sien. « S’ils n’ont pas le courage de me tendre leur micro, j’y peux rien », lâche-t-il, avec ce mélange de sécheresse et de défi qui fait sa signature.
Se dessine ainsi, dans son récit, une ligne de partage : d’un côté les médias qui ouvrent l’antenne, de l’autre ceux qu’il juge hostiles et qui la gardent close. Qu’on approuve ou non l’homme, l’argument mérite d’être pesé : une parole contestée n’est pas une parole interdite, et le pluralisme, qui se vante volontiers de tout entendre, se juge précisément à ces invités-là. À chacun de dire si c’est prudence, conviction ou calcul. Mais le débat est posé, et la balle, pour une fois, est dans le camp des rédactions.













