Ousmane Sonko avait récemment évoqué l’acquisition, lorsqu’il était Premier ministre, de véhicules auprès de l’Office national de recouvrement des avoirs criminels (ONRAC). Selon ses explications, la Primature avait acquis 27 véhicules pour un montant global de plus de 900 millions de francs CFA.
Mais l’origine de ces véhicules commence aujourd’hui à susciter des interrogations. D’après les informations recueillies, les voitures en question proviendraient du parc de Lansar Auto, société appartenant à Mahmadane Sarr, également connu sous le nom de Dane Sarr, actuellement détenu dans le cadre d’une procédure judiciaire. Plus d’une centaine de véhicules de la société avaient fait l’objet de saisies par l’ONRAC.
Selon nos sources, les véhicules concernés par la transaction seraient neufs, contrairement à certaines informations ayant circulé. Leur valeur unitaire serait particulièrement élevée : certains modèles auraient coûté entre 90 et 110 millions de francs CFA à l’achat.
Si ces informations se confirment, l’opération aurait permis à la Primature d’acquérir les 27 véhicules pour environ 34 millions de francs CFA l’unité, soit un montant très inférieur à leur valeur d’acquisition annoncée. Une différence qui explique les interrogations soulevées autour de cette transaction.
Le principal problème n’est toutefois pas uniquement financier. C’est la question de la régularité juridique de la vente qui se pose désormais. La cession de biens saisis dans le cadre d’une procédure judiciaire encore en cours doit en effet répondre à des conditions précises. En l’absence d’une décision irrévocable de confiscation, la vente d’un bien saisi ne peut normalement intervenir que dans des circonstances exceptionnelles, notamment lorsque le bien risque de se détériorer ou de perdre rapidement sa valeur.
Autre interrogation : peut-on véritablement parler de vente aux enchères lorsqu’un établissement public cède des véhicules à une autre structure publique, en l’occurrence la Primature ? Cette question figure également parmi celles auxquelles l’ONRAC est appelé à répondre.
Il reste donc à déterminer dans quelles conditions les 27 véhicules ont été cédés, quelle autorité a autorisé l’opération, sur quelle base leur prix a été fixé et surtout si la procédure judiciaire concernant leur propriétaire permettait leur vente à ce stade.
Car au-delà de la bonne affaire financière réalisée par la Primature, la véritable question est désormais de savoir si l’État pouvait légalement vendre et acheter ces véhicules alors que le dossier judiciaire de Lansar Auto n’était pas définitivement tranché.














